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mardi 9 octobre 2018

LES SAINTS TRADUCTEURS

Le mois d'octobre est connu comme le "Mois Culturel", car c'est au cours de ce mois que l’Église Arménienne célèbre la mémoire des Saints Traducteurs.
L'Age d'Or de la littérature arménienne, le 5ème siècle et les périodes de vie littéraire qui suivirent, sont dus aux travaux de nos traducteurs. Il faut le rappeler : St Sahag et St Mesrob ont été ensemble les créateurs de l'alphabet arménien et de la littérature qui a suivi, et les responsables du groupe des Saints Traducteurs.
St Mesrob naquit dans le village de Hatzik dans la province du Taron ; il naquit dans la célèbre famille des Mamikonian (St Vartan), plusieurs années après St Sahag. Son nom de baptême est Machdotz, et il devint Mesrob après son ordination sacerdotale.
Avant son ordination, Mesrob fut le secrétaire principal de la Cour Royale d'Arménie pendant 10 ans ; il servit sous 2 rois, le roi Khosrov (384-389) et le roi Vramchabouh (389-394). Bien que nous connaissions peu de choses au sujet de son éducation, le service remarqué qu'il exerça à la Cour révèle sa grande érudition et sa connaissance magistrale des langues étrangères (à cette époque, les langues utilisées en diplomatie étaient le grec et le perse).
Mesrop devint prêtre à l'âge de 40 ans. Il fut ordonné par le Catholicos St Sahag et devint le collaborateur principal de Sahag dans ses efforts pour faire de l’Église Arménienne une église nationale. Tout d'abord, il se montra un missionnaire zélé et enthousiaste. Il allait prêcher l’Évangile dans les contrées les plus reculées de l'Arménie, même dans la Province accidentée et montagneuse du Koghten où le Christianisme n'était pas tout à fait répandu. Cette entreprise missionnaire marque le début de ses essais et travaux pour trouver un alphabet arménien ; il traduira la Bible et les autres ouvrages religieux en une période de 30 ans.
Il n'existait pas de Bible arménienne ; c'était un handicap dans ses activités de missionnaire.
Les offices religieux à cette époque étaient célébrés en des langues étrangères telles que le grec et le syriaque (la langue des assyriens). Il est évident que le peuple, dans ces conditions, ne pouvait saisir que peu de choses. Très tôt, il apparut à St Mesrob que l'enseignement oral était insuffisant, et que pour christianiser le peuple, il était nécessaire de mettre entre ses mains les écrits des Pères de l’Église et la Sainte Bible. Son but essentiel était de faire naître une littérature religieuse, et c'est ainsi que la littérature arménienne se développa.
St Mesrob informa le Catholicos St Sahag de son désir d'élaborer l'alphabet arménien. Ensuite, il demanda au roi Vramshabou son aide financière et son appui. Le roi les lui accorda de bon cœur. L'alphabet fut réalisé en l'an 404 (ou 405), après de nombreuses années de recherche inlassable et d'efforts pénibles.
St Mesrob voyagea même dans d'autres contrées pour obtenir l'aide et le conseil d'autres linguistes. Finalement, il modifia les lettres grecques et créa de nouvelles formes pour les autres consonances proprement arméniennes. Selon la tradition, St Mesrob, incapable de prime abord de réaliser de nouveaux caractères nécessaires, eut recours à la prière, la méditation et les exercices spirituels. Pendant ce retrait par rapport à l'ambiance matérielle de ses études, St Mesrob eut une vision. Dans cette vision de Dieu, les lettres depuis longtemps recherchées étaient inscrites sur un tableau. Ceci explique pourquoi le peuple arménien perpétue la tradition séculaire de l'origine céleste de son alphabet.
St Sahag, linguiste aussi bien qu'artiste et musicien, donna les touches finales à l'alphabet arménien. Les lettres Mesrobiennes étaient au nombre de 36 (l'alphabet arménien possède aujourd'hui 38 lettres, 2 lettres ayant été ajoutées au Moyen-Age).
Après l'invention de l'alphabet, une multitude de disciples furent formés sous la conduite infaillible de St Sahag et St Mesrob. Ils collaborèrent plus tard avec leur maître au lancement de la traduction de la Bible et des ouvrages importants des Pères de l’Église. Ce groupe de lettrés fût connu sous le nom des Sts Traducteurs ou "Sourp Tarkmanitchk", comme ils sont appelés en arménien. Après 33 ans d'un travail inlassable de ces lettrés (que l'on dit au nombre de 100), la traduction de la Sainte Bible fut achevée, premier ouvrage en cette nouvelle langue.
Utilisant tout d'abord la version grecque de la Bible pour les guider, ces traducteurs éditèrent une traduction très fidèle, et d'une grande beauté.
L’Église célèbre la mémoire bénie de St Mesrob en deux commémorations. La première englobe la mémoire de St Sahag lors d'une fête commune qui se situe pendant l'été. La seconde y associe l'ensemble du groupe des Sts Traducteurs ; elle a lieu au début de l'automne pendant le mois d'octobre.
D'ordinaire, la première commémoration fait allusion à la sainteté de Mesrob, la seconde a pris l'importance d'une fête nationale culturelle.
Notre église témoigne de son respect pour la mémoire bénie de St Sahag 4 fois pendant l'année, soit séparément, soit avec un groupe d'autres saints.

VIVRE L’ANNÉE LITURGIQUE 
DE L’ÉGLISE ARMÉNIENNE


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