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lundi 12 mars 2018

Pèlerinage à Pithiviers

Le samedi 3 Mars 2018, nous nous sommes rendus en pèlerinage à la grotte de Saint-Grégoire l’Arménien, à Pithiviers, avec une partie de notre groupe de jeunes de l’église Apostolique Arménienne Saint Jean-Baptiste de Paris. Notre journée a débuté par une prière à la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, puis nous nous sommes répartis dans quatre voitures, pour nous rendre à Pithiviers.
Sur place, nous avons été chaleureusement accueillis dans une l’église de Saint-Martin le Seul,  par Sœur Anne qui nous raconta l’histoire de Saint Grégoire l’Arménien.

Saint Grégoire, Archevêque arménien à Nicopolis (dans la « Petite Arménie ») à la fin du 10ème siècle après Jésus-Christ, était réputé pour son talent oratoire qui, reflétant son humilité et sa piété, conduisait à de nombreuses conversions et à l’admiration de tous les fidèles des alentours. Mais sa vocation première était la vie monastique. C’est pourquoi, après de nombreuses années de service auprès de ses fidèles, et craignant de subir les effets néfastes sur son humilité, que pouvait entraîner une telle admiration de la part de la foule, il prit un jour son bâton de pèlerin et partit, accompagné de deux personnes, emportant avec lui comme probable monnaie d’échange pour le voyage, des épices.

Il parcourut un long chemin à travers toute l’Europe, au cours duquel il perdit ses deux compagnons de pèlerinage. Mais il avait résolu de ne s’arrêter que lorsque Dieu lui aurait adressé un signe. Un soir où il s’était arrêté dans la ville de Pithiviers, en Gaule, il entendit une voix du Ciel qui lui dit de s’établir près de l’église de Saint Martin le Seul, à proximité. Il existait en effet une église à proximité qui avait pour nom Saint Martin. Il demanda alors à Dame Héloïse, la souveraine des lieux, la permission d’habiter en cet endroit. Permission qui fut accordée avec beaucoup de joie et de respect vis-à-vis de Saint Grégoire, dont Dame Héloïse ne connaissait pas encore la provenance exacte mais pour laquelle elle voyait qu’il s’agissait d’un moine d’Orient. A cette époque, le Schisme n’avait pas encore eu lieu et les églises étaient encore Une et Indivisible.

Là, Grégoire creusa une grotte dans la falaise afin d’y prier tranquillement. Mais la présence d’un moine venu d’Orient suscita rapidement la curiosité au sein de la population qui lui rendit visite ; devant l’intelligence et la piété de Grégoire, le nombre de fidèles lui rendant visite s’accrut, au point de lui donner une renommée dans la région, notamment en raison des miracles qui s’accomplissaient par son intercession. Saint Grégoire recevait de nombreux dons en nourriture, qu’il redistribuait aux plus pauvres, ne gardant pour lui que le nécessaire, jeûnant la plupart du temps. Lorsqu’il recevait, il avait coutume de façonner un pain où se mêlaient la farine de la Beauce environnante et le miel apportés par les paysans, avec les épices qu’il avait apportées d’Orient. C’est ainsi que le pain d’épice est devenu une tradition à Pithiviers.Lorsque Saint Grégoire fut rappelé à Dieu, sa renommée et la piété qu’il inspirait étaient telles, que des pèlerinages furent institués en sa mémoire, sur ses reliques.
Ce sont ces mêmes reliques que nous avons pu voir ce samedi-là, dans l’église de Saint-Martin.  Avec les chaleureuses explications de Sœur Anne, la moniale française catholique qui veille sur les lieux depuis 2002, y employant toute sa bienveillance, son énergie, son intelligence. Le ton alerte, les yeux vifs et pétillants de bonté, elle nous a raconté toute cette histoire de Saint-Grégoire l’Arménien, de manière très pédagogique, avec une spiritualité profonde, mais aussi un grand sens des réalités.

Après la visite de l’église, nous nous sommes rendus à la grotte de Saint-Grégoire, dans laquelle nous avons chanté des prières et des psaumes sous la direction de notre prêtre paroissial, le Père Houssik.

Après avoir déjeuné frugalement dans un restaurant de Pithiviers, nous avons assisté à une étude biblique au coin du feu, animée par le Père Houssik, sur la parabole de l’enfant prodigue, au cours de

laquelle nous avons lu plusieurs textes de l’ancien et du nouveau testament choisis par les soins de Père Houssik, qui nous expliquait les textes et orientait les débats, avec la présence de Sœur Anne, afin de nous aider à éclaircir les zones d’ombres, à connaître la place de Dieu dans notre vie, et à faire un bilan de notre foi.

Le soleil couchant, nous sommes rentrés à Paris, plus sereins pour affronter les vagues imprévisibles des méandres de la vie.

Pour joindre Sœur Anne au monastère : monastère.saintgregoire@gmail.com

Anahit, Harout
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