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vendredi 22 juillet 2016

La Doctrine de l'Eglise Arménienne - Partie 1

L'Eglise Arménienne confesse la doctrine qui a été approuvée et formulée par les trois premiers conciles oecuméniques, et qui se résument dans les symboles de Nicée et de Constantinople.
Ce symbole de foi est récité  publiquement et solennellement chaque matin dans l'Eglise Arménienne, se trouvant solidaire de l'Eglise générale pour les points essentiels du même dogme. Elle devient par ce fait même membre de l'Eglise apostolique, universelle et une de Jésus Christ, comme toutes les autres églises, grandes ou petites, qui s'en tiennent au même credo.

Pour ce qui est de la dogmatique, l'Eglise Arménienne est restée fidèle aux conceptions de l'époque 325-432, époque où les peuples et les nations chrétiennes n'avaient pas donné une couleur nationale à leur église; ou l'égalité de pouvoir et de compétence régnait entre  les sièges patriarcaux; ou les empereurs et les rois n'avaient pas  encore poussé trop loin leurs prétentions et usé, à l'égard des sièges épiscopaux qui dépendaient d'eux, de leur puissance ou de leur prestige personnel.
Lorsque les autorités politiques s'immiscèrent à fond dans les questions religieuses, le principe de l'égalité et de l'amour chrétiens toucha à sa fin, les ambitions de toutes sortes qui les supplantèrent, allaient bannir la paix et la bonne intelligence à l'intérieur de l'Eglise chrétienne.
Les évêques, s'appuyant sur les états qui les protégeaient, commencèrent à prendre de l'ascendant  l'un sur l'autre et à rivaliser pour la primauté.


Aux aspirations de ce genre se rattache la tendance de tel ou tel siège de se réserver la compétence en ce qui concerne les doctrines et  coutumes de l'Eglise. Ce fut surtout le siège de Rome  qui aspirait à une compétence  et à une autorité exclusive en cette matière. Par là, l'Eglise du Christ une et universelle, tout en maintenant l'unité de la foi et son universalité, tomba administrativement en pièces. Chaque peuple, chaque nation communiqua à son église une empreinte nationale d'où résultèrent des variations locales dans le sein de la même église chrétienne, une et universelle.
Certes, une différenciation parait tout à fait naturelle et elle devait s'accentuer davantage au cours des temps sous l'influence  des conditions diverses que créent la géographie , la langue, la civilisation et enfin les moeurs de chaque pays.
Malheureusement ce n'est pas la différenciation  belle et utile,  de ce genre, qui se développa : la rivalité  existant entre les sièges épiscopaux  se transforma en haine, dès qu'ils s'apprètèrent à commenter  les questions dogmatiques et à imposer avec une prétention injustifiée, leurs interprétations à ceux qui ne les partageaient pas. Ils auront même l'audace de  recourir au bras séculier, d'abuser de la puissance politique, pour poursuivre leurs adversaires , au préjudice de l'unité et de l'universalité de l'église du Christ.

Il est navrant pour des chrétiens de voir comment la simplicité de l'âge apostolique, la vie harmonieuse qui régnait à l'époque des trois premiers conciles  oecuméniques dégénéra pour faire place à la haine, à la passion de dominer, de commander. En conséquence, le chrétien se  dressa contre le chrétien, armé de tout ce qui était impardonnable et anti-chrétien, aussi bien dans son essence que dans ses manifestations.  
(à suivre...)

PAPKEN I
Catholicos coadjuteur de Cilicie
(1928-1936)
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