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samedi 28 mai 2016

Le siège du Catholicos de tous les Arméniens - ETCHMIADZINE


L’Eglise Arménienne est une incarnation et un héritage du christianisme le plus ancien dans le monde. Les constructions d’églises ont débuté après la conversion de l’Arménie au christianisme avec Saint Grégoire l’Illuminateur, en 301 après JC, date reconnue conventionnellement. Ces constructions se faisaient souvent au détriment des lieux de culte des païens. Alors que les apparitions de la Vierge Marie ont été fréquentes à travers le monde chrétien au cours des derniers deux mille ans, les visions de Jésus, quant à elles, ont été rares. Jésus serait apparu devant St. Grégoire en indiquant le lieu de construction d’un édifice en frappant le sol avec un marteau en or. Cette tradition a donné son nom à l’église après sa construction – « Etchmiadzin », ou littéralement « Le Fils Unique est descendu ».

« Or voici la merveilleuse, ineffable et divine vision qui m’est apparue des grâces vivifiantes qui vous seront accordées. Voici quelle était sa forme : Vers le milieu de la nuit, tandis que, fatigués de veiller, vous vous étiez endormis, je veillais encore et je méditais sur l’infinie miséricorde de Dieu, qui se montra si prompte à vous visiter et à vous placer comme au creuset des avertissements de sa sage et divine doctrine. Et je me rappelais l’amour des saintes martyres pour leur admirable Créateur, car elles jouissaient des ineffables récompenses qui leur étaient préparées. Alors un grand bruit de tonnerre se fit entendre; c’était un mugissement terrible comme le roulement des vagues gonflées et furieuses de la mer. La voûte du firmament céleste s’ouvrit comme un pavillon, et il en descendit un homme éclatant de lumière; il m’appela par mon nom, et me dit « Grégoire! » Et moi, regardant, je vis son visage; épouvanté et tremblant, je tombai à terre. Et il me dit : « Regarde en haut, et contemple les merveilles que je te montre. » Et moi, regardant, je vis le firmament céleste ouvert, les eaux divisées et comme des vallées et des cimes de montagnes accumulées çà et là et tellement élevées que l’œil ne pouvait les atteindre. Et une lumière répandue sur elles descendait jusqu’à la terre, et en même temps que la lumière, d’innombrables cohortes d’hommes étincelants et ailés ; et leurs ailes étaient flamboyantes. La lumière était semblable aux légers atomes de la poussière, qui, au moment de la chaleur du printemps, se jouent dans le rayon de soleil glissant par une fenêtre ou par toute autre issue. Et les cohortes, en même temps que la lumière, inondèrent toute la terre; et comme la lumière se répandait, elles se répandirent avec elle. Et un homme au visage terrible, grand et formidable, descendit le premier d’en haut. Il tenait à la main un énorme marteau d’or, et tous le suivaient. Il arrivait d’un vol rapide, semblable à un aigle aux ailes puissantes. Il descendit et vint jusqu’à terre, au milieu de la ville, et il frappa la croûte épaisse de l’immense contrée. Et le coup en retentit jusque dans les abîmes de l’enfer, et toute la terre, jusqu’où pouvait atteindre la vue, devint unie comme une plaine.

 « Et j’aperçus au milieu de la ville, près du palais du roi, un piédestal rond en or, large comme un grand plateau, duquel s’élevait une immense colonne de feu, avec un nuage pour chapiteau, surmonté d’une croix flamboyante. Et je regardai, et je vis trois autres piédestaux, un à l’endroit où fut martyrisée sainte Gaïanè avec deux de ses compagnes, l’autre, là où sainte Hripsimè fut martyrisée avec ses trente compagnes; le troisième sur l’emplacement de la resserre des cuves. Et ces piédestaux étaient de couleur rouge sang, et les colonnes étaient de nuages et les chapiteaux de feu. Et sur les trois colonnes, des croix lumineuses, semblables à la croix du Seigneur. Et les croix de ces colonnes étaient semblables au chapiteau de la colonne de lumière qui était plus élevée que toutes les autres. Et sur les croix de ces quatre colonnes s’unirent ensemble des arcs admirables; et sur ces arcs je vis un édifice avec une coupole, en forme de pavillon, formé de nuages; c’était une œuvre prodigieusement divine. Et sous ce pavillon, sur les arcs, je vis les trente-sept saintes martyres, toutes éclatantes dans leurs robes blanches, avec des formes d’une beauté ineffable. En haut de l’édifice, je vis un trône, divin et admirable, tout entier de feu, où se dressait la croix du Seigneur. La lumière répandue de toutes parts l’enveloppa et se confondit avec les rayons de la croix, pour former une colonne de lumière rayonnante qui s’étendit jusqu’à la base des colonnes ».
                                                                                                     (Agathange, 4eme ciecle)
Ainsi, Etchmiadzin est un lieu très sacré de l’héritage arménien. Il n’est donc pas surprenant que cette église soit devenue le siège du Catholicos de tous les Arméniens, le patriarche qui dirige l’Eglise Apostolique Arménienne et les diocèses rattachées à Etchmiadzin. Au tout début du IVèmè siècle, la ville de Vagharshapat, où se trouve cette église, était la capitale du Royaume de la Grande Arménie. Les Catholicos changeaient de siège au fur et à mesure que les capitales et les royaumes se succédaient au cours des siècles suivants.

Il y a toujours eu des évêques et des patriarches arméniens qui pour une raison ou une autre prenaient ou recevaient le titre de « Catholicos », dans de nombreux centres importants du Haut Plateau Arménien et de la Cilicie. C’est en l’an 1441, qu’Etchmiadzin est à nouveau devenue le siège du patriarche.
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