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mercredi 6 avril 2016

Notre pèlerinage auprès de la Sainte Tunique du Christ à Argenteuil

Nous étions une petite vingtaine à nous être donné rendez-vous samedi 2 avril à la gare Saint-Lazare, pour nous rendre tous ensemble, avec le Père Houssik, à la basilique Saint-Denys d’Argenteuil afin de nous recueillir auprès de la Sainte Tunique.

Quelques mots à propos de la Sainte Tunique d’Argenteuil: Son histoire
La Sainte Tunique d’Argenteuil serait la Tunique sans couture (« inconsutile ») que Notre Seigneur Jésus-Christ aurait portée durant les dernières heures de sa Vie terrestre. Elle aurait été offerte vers l’an 800 par l’impératrice Irène de Byzance à Charlemagne, qui l’aurait confiée au monastère d’Argenteuil dont sa fille Théodrade était la prieure. Après maintes années de péripéties durant lesquelles la Sainte Tunique fut tour à tour exposée aux fidèles, abritée, oubliée, redécouverte, puis découpée et cachée pour échapper à la révolution, retrouvée en partie, etc…, elle fut reconstituée en 1795 et cousue sur une autre étoffe (changée depuis). A présent, elle est précieusement conservée au sein d’un reliquaire de la basilique Saint Denys à Argenteuil, construite à la place de l’église précédente en 1865.

Les analyses scientifiques
L’authenticité de cette Relique est discutée : l’analyse au carbone 14, ayant retrouvé un âge compris entre les années 530 et 650 par un laboratoire, et entre 670 et 880, par un autre laboratoire, est controversée ; en effet, cette méthode ne semble pas être infaillible pour les textiles, notamment pour une pièce qui a potentiellement été au contact de substances pouvant polluer la datation. Chose troublante, la cartographie des traces de sang de la Tunique se superposerait à celle du Linceul de Turin. Le groupe sanguin serait de type AB, un groupe rare qui est pourtant également retrouvé sur le Linceul de Turin et le Suaire d’Oviedo ; la déformation des globules rouges serait compatible avec une situation traumatique extrême à laquelle aurait été exposée le Porteur de la Tunique. Quant aux pollens retrouvés sur la Tunique, sept seraient communs aux trois reliques (Linceul de Turin, Sainte Tunique, Suaire d’Oviedo), dont deux, celui d’une variété de pistachier et celui du tamarin, ne se trouvent qu’en Palestine.
De nombreux miracles sont attribués à la Tunique d’Argenteuil.

Notre pèlerinage à Argenteuil
Voici comment s’est déroulé notre pèlerinage à Argenteuil. Durant le trajet aller en train puis en bus, le Père Husik nous a donné quelques explications concernant l’histoire de la Sainte Tunique. Merci à lui de nous avoir accompagnés avec autant d’enthousiasme.
Lorsque nous  arrivons sur place, l’organisation est parfaite de sorte que notre attente paraît très courte. La file d’attente est disposée en zigzag le long des murs externes de la Basilique, et des hauts-parleurs externes retransmettent ce qui se déroule à l’intérieur – prières, chants religieux catholiques chantés par les scouts, explications… Ainsi, l’ambiance est au recueillement, même dans la file d’attente, ce qui est idéal pour préparer l’esprit à cette idée que c’est peut-être bien la vraie Tunique du Christ que nous allons voir.
A l’intérieur de la magnifique basilique, malgré la multitude de pèlerins qui se dirigent chacun à leur tour vers la Sainte Tunique, règnent le silence et le calme. Pas de bousculade, pas d’agressivité. Partout, le respect, la prière et le recueillement, dans chacun des regards,  dans chacun des gestes. Comme si les murs eux-mêmes se font écho de toutes ces prières conjointes portées vers le Ciel. Et un nombre inespéré de bénévoles qui veillent sans agitation au bon déroulement des choses.
On arrive tout doucement devant la Sainte Tunique, présentée sur un buste, cousue sur la nouvelle étoffe qui lui sert à présent de support. Couleur Pourpre, qui incite à la méditation et à la Prière. Nous trouverions-nous réellement, à quelques mètres du Témoin silencieux des souffrances de Notre Seigneur ?  Si c’est le cas, c’est un moment unique dans notre Vie. Alors, il faut essayer de se concentrer dans la tranquille foule ; profiter de chaque instant pour essayer de prier de la manière la plus juste, la plus sincère, la plus dépouillée possible. Nous avons la chance de pouvoir déposer un cierge juste devant. Puis il faut s’éloigner, doucement, un peu à contrecœur, mais sans amertume, d’autres prennent la relève dans nos prières.
En s’éloignant, on a encore la possibilité de s’asseoir sur les bancs de l’église. Il y a de la place pour tout le monde. Certains se lèvent pour céder la place à d’autres au fur et à mesure. Pas d’agitation. Seulement une très grande concentration des uns et des autres. Devant, quelques jeunes agenouillés par terre. Les premiers rangs remplis, de personnes côte à côte qui ne se connaissent pas, qui ne se regardent pas, qui prient.
Certains d’entre nous venaient d’être informés, ce jour-là, des événements qui se déroulaient en Artsakh depuis la veille au soir, et ont prié à ce moment pour l’Artsakh, pour la sécurité de sa population civile et de ses combattants, pour le retour de la Paix dans une région qui nous est si chère.

Mais… Est-ce la vraie Tunique ?
Toute cette organisation, tout ce recueillement, mais… et si ce n’était pas là, au fond, la Tunique du Christ ? Bien sûr … c’est tout à fait envisageable.
Dans ce cas-là, nous aurons quand même prié.
Et si, au contraire,  c’était finalement, quand même et malgré tout, la vraie, l’authentique Tunique que porta le Christ ? Dans laquelle Il aurait souffert pour nous ? Dont les fibres auraient absorbé le sang transpiré lors de sa nuit d’angoisse à Gethsemani *? Puis le sang des blessures de la flagellation, et du chemin de Croix ? Et si c’était la Tunique qu’aurait effleurée la femme qui souffrait d’hémorragies … subitement guérie par son toucher ?

Et si c’était tout Cela, là, tout près de nous, à Argenteuil ? A une dizaine de minutes en train de Paris ? Déployée aux yeux des fidèles, deux fois par siècle ? Avec des pèlerins du monde entier venus se recueillir auprès d’elle… Serait-ce, tout simplement, finalement, trop beau et trop facile pour que ce soit réellement vrai ? Trop à portée de main pour que ce soit possible ?
La volonté absolue de maîtrise et de contrôle de l’homme moderne sur le monde qui nous entoure nous pousse parfois à nous enorgueillir de penser que la priorité est à tout prix de « garder le contrôle » afin de ne pas se laisser duper par des reliques qui « pourraient être fausses ». Mais l’acuité de notre sens critique ne doit pas nous faire oublier que ces mêmes reliques « pourraient être authentiques » .... La peur de passer pour crédules nous fait parfois basculer dans une situation inverse dans laquelle nous sommes susceptibles de passer à côté des merveilles que Dieu a posées là, tout près de nous, sans même les remarquer…
Dans l’évangile selon St Luc, chapitre 18, verset 3, Jésus ne nous fait-il pas un clin d’œil « En vérité, je vous le déclare, si vous ne changez et ne devenez comme les enfants, non, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. »
Nous rendons grâce à Notre Seigneur de nous avoir permis d’ouvrir notre cœur et de vivre ce moment de prière authentique ensemble. Quelle richesse et quelle chance d’avoir pu nous recueillir, tour à tour dans la même année, auprès du Linceul de Turin puis de la Tunique d’Argenteuil…
Chers amis et lecteurs, vous êtes dans nos cœurs et dans nos prières. Pour ceux qui le souhaitent, la Sainte Tunique est déployée à Argenteui jusqu’au 10 avril, le site internet contenant les informations utiles est le suivant : http://saintetunique.com/. Après l’ostension, elle restera à Argenteuil mais repliée dans le reliquaire et donc moins visible.

* Ce phénomène existe bien, il est appelé hématydrose, cf http://www.bloodjournal.org/content/121/9/1493?sso-checked=true

Anahit

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