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mardi 26 janvier 2016

CONFÉRENCE DE L’ORGANISATION TERRE ET CULTURE « SE RENDRE EN TERRES D'ARMÉNIE HISTORIQUE EN 2015 »

Le samedi 16 janvier, dans la salle Nourhan Fringhian de l’église arménienne de Paris a eu lieu la conférence organisée par Terre et Culture (www.terreetculture.org) et consacrée aux projets et aux expériences de voyages et de pèlerinages en 2015.

Ayant pour l’objectif la protection du patrimoine arménien, ce à quoi elle se consacre au travers des nombreux chantiers de restauration qu’elle conduit notamment en République d ‘Arménie, Terre et Culture avait prévu pour le centenaire du génocide des Arméniens d’organiser également un pèlerinage, un grand rassemblement des Arméniens à l’église Sourp Guiragos (Saint-Cyriaque) de Dikranaguerd (Diyarbakir) les 16-17 août 2015 à l’occasion de l’Assomption. Ce choix était particulièrement important car cette église, confisquée en 1915 mais récupérée par les Arméniens dans les années 1980, a été rendue au culte en 2011 après avoir été restaurée grâce au soutien de la municipalité de Diyarbakir et du patriarcat arménien d’Istanbul.


Shushan Kerovpyan, l’une des coordinatrices de ce projet a décrit les efforts investis dans la préparation du pèlerinage, et présenté le programme culturel qui devait l’accompagner : rencontres, débats, exposition. La présence de différents partenaires – intellectuels, personnalités littéraires et artistiques arméniennes, turques, kurdes, françaises – invités dans le cadre de ces journées, devait favoriser un dialogue ouvert entre les pèlerins et la population locale. Le pèlerinage a été annulé in extremis en raison du climat politique tendu qui s’est installé en Turquie en juin-juillet 2015, mais la réalisation de ce programme devrait revenir à l’ordre du jour aussitôt que le permettront les circonstances.

En remplacement de ce pèlerinage, certains ont choisi de partir en voyage en prenant la direction de l’Arménie, de la Géorgie et de l’Artsakh. Kéram Kévonyan, président de l’Union Internationale des Organisations Terre et Culture (UIOTC), a souligné qu’il s’agissait, grâce à ce voyage, à la fois de retourner sur les sites d’intervention de Terre et Culture, comme Saghmossavank, Gogaran et Chiragamoud, et de visiter certains monuments rarement pris en compte dans les circuits touristiques, comme Nor Varakavank, Kobayr, Dzidzernavank ou encore Éghékis. La question de la protection et de la mise en valeur du patrimoine monumental du pays arménien est un véritable enjeu à l’heure actuelle. À ce sujet, Kéram Kévonian a rappelé le récent lancement du site internet de l’UIOTC et du Collectif 2015 : réparation, où sont décrits une centaine de biens nationaux arméniens de Turquie – monastères er églises – qui font l’objet d’un travail scientifique et documentaire minutieux (www.collectif2015.org).

Pascal Maguesyan, journaliste et membre de Terre et Culture, a réussi pour sa part à accomplir un autre pèlerinage jusqu’à Sourp Guiragos, qu’il a appelé une « marche pour la vie et la justice », car pour lui, a-t-il expliqué, marcher veut bien dire vivre. Avec son ami Jacques Avakian, ils ont parcouru ensemble, à pied, les chemins où chrétiens arméniens, syriaques et chaldéens avaient péri au cours des années 1915-1916 dans l’Empire ottoman. Entamant sa marche dans la ville d’Ani, ancienne capitale arménienne située à la frontière actuelle entre la Turquie et la République d’Arménie, Pascal Maguesyan a parcouru 410 km pendant 22 jours. À travers un film et des photographies, il a présenté son périple spirituel, qu’il a cependant dû interrompre en raison des tensions dans la région, parvenant néanmoins à atteindre par d’autres moyens le point final de sa marche.

À la fin de son exposé, Pascal Maguesyan a invité les présents à méditer sur le « Chemin de Guiragos », considéré comme un nouveau chemin de pèlerinage en Orient, susceptible d’être comparé à celui de Saint-Jacques-de-Compostelle en Occident. La lecture faite par Asdghig Karnikian, d’un extrait du récit de voyage que l’auteur souhaite publier sous forme d’un ouvrage intitulé « Sur le chemin de Guiragos », était particulièrement touchante et a permis de transmettre aussi bien l’émotion qu’a vécue le pèlerin à travers ses multiples rencontres et son espoir de voir un jour la vie arménienne reprendre sur ces terres et les monuments reconstruits ou restaurés à l’exemple de l’église Sourp Guiragos.

L’Organisation Terre et Culture remercie tous les présents ainsi que le Conseil paroissial de la cathédrale Saint-Jean Baptiste pour l’accueil chaleureux réservé à cet événement.

Hripsimé Chadryan


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