Recevoir les nouveaux articles par Email

jeudi 21 mai 2015

"Mais pourquoi donc Turin?"

Le week-end du 8 mai 2015, notre joyeuse troupe des Jeunes de l’Eglise Apostolique Arménienne de Paris, accompagnée par le Père Houssik, se mit en route pour explorer une contrée inconnue… « Mais pourquoi donc Turin ? », nous direz-vous…
Joyau insoupçonné de la région du Piémont en Italie, la ville de Turin dégage un charme indescriptible. Le visiteur insouciant, émerveillé, peut flâner au gré des ruelles tranquilles au bout desquelles se dessinent, au loin, les Alpes, verdoyantes aux cimes enneigées. La discrétion y rivalise avec l’élégance. Le raffinement est présent dans le moindre recoin de la ville, assez subtil cependant pour s’effacer de temps à autre et ouvrir des espaces au sein de places pittoresques. A un coin de rue, telle église mystérieuse abritant des trésors cachés. A un autre, tel musée côtoyant un magasin à la mode. Ici, des notes de musique surgissant au détour d’une ruelle. Là, des restaurants avec leurs terrasses en grappe donnant sur la rue piétonne. Partout, la légèreté et la bonne humeur italienne, toujours au rendez-vous, ainsi qu’un beau rayon de soleil.
Pourtant, cette ville recèle également un trésor d’une autre nature...

Ecrin au sein de la ville, la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste abrite le Linceul de Turin, appelé également le Saint Suaire. C’est donc en pèlerinage que nous sommes partis, ce week-end – là, afin de nous y recueillir.


Arrivés le vendredi après-midi, nous dînons avec les Jeunes de l’Eglise de Lyon avec qui nous faisons connaissance. Après le dîner, en quête d’une glace italienne à la demande des plus gourmands (la majorité) d’entre nous, voilà que notre groupe tombe nez à nez avec trois prêtres qui devisent ensemble calmement tout en savourant des sorbets. S’ensuit alors une discussion entre notre prêtre paroissial et ses homologues italiens. Brève conversation bienveillante et œcuménique au gré de laquelle ils nous demandent d’où nous venons (des arméniens de France venus visiter l’Italie…) et nous révèlent qu’ils officient à cette même Cathédrale abritant le Linceul. Nous apprenons à cette occasion, qu’une messe est célébrée tous les matins à 7 heures, au sein de la Cathédrale, en présence du Saint Suaire.

Aussitôt entendu, aussitôt appliqué : le matin suivant, avant le petit-déjeuner, un petit groupe parmi nous, se presse à travers les rues désertes de Turin pour se rendre à la messe. Le soleil s'est déjà levé mais ne brille encore que paisiblement, accompagné des gazouillis de quelques oiseaux. Nous avons l’agréable surprise de n’attendre qu’une dizaine de minutes avant de pouvoir entrer dans la Cathédrale.
L’impression, une fois à l’intérieur, est toute à la douceur et à la sobriété. Les lieux sont imprégnés d’une noblesse et d’une simplicité marquantes. L’autel habituellement d’usage, est masqué par un rideau, laissant entrevoir seulement au-dessus, une croix sombre se détachant sur un fond de dorures. Devant le rideau, le Linceul de Turin. Impressionnant. Il est là, derrière une vitre. Il fait plus de 4 mètres de long et est présenté face à nous. On peut y distinguer le corps d’un homme longiligne crucifié, avec le visage qui se détache assez nettement. Cette relique, empreinte d’une indiscutable dignité, impose  le respect, et inspire la prière dès le premier regard.


Il est environ 7 heures du matin. La messe débute. Elle est simple, belle, émouvante. La plupart des fidèles sont italiens, et chantent les paroles de la liturgie par coeur. Sur notre droite, une chorale de jeunes adultes. Devant nous, sur une estrade faisant office d’autel, une quinzaine de prêtres habillés austèrement, en blanc ou en rouge, officient. Leur communauté rappelle les temps premiers de l’Eglise primitive. Un peu plus loin au fond, le Linceul sous la Croix.
Ensuite vient le temps de la Communion, émouvante elle aussi, à laquelle nous avons le privilège d'assister dans ce lieu unique. Enfin, la messe terminée, le prêtre principal (rencontré la veille en train de déguster les glaces ! ) nous invite avec une bienveillance toute spontanée, à passer devant pour nous recueillir devant le Saint Suaire pendant quelques minutes, avant que les premiers visiteurs ne viennent. Moment d’émotion et de prière intense.
Puis nous sommes priés de quitter les lieux.


Avant de partir, fermons les yeux, et essayons d’imaginer un instant que c'est vraiment le Linceul du Christ; si c’est le cas, il faut réaliser l’importance de la chose. Nous sommes en train de nous trouver à quelques mètres seulement, du Linceul qui a enveloppé le Christ au moment même où Il va Ressusciter !
Et si ce n’était pas là le véritable Linceul, du moins il nous y aura fait réfléchir, et prier avec intensité... Il nous aura aussi permis de voyager  ensemble ! Nous sommes en effet rejoints le samedi midi par les Jeunes de l'Eglise de Londres et de Lyon, et nous passons l'après-midi et la soirée réunis, après une nouvelle visite, plus brève, auprès du Linceul, faisant suite à un long parcours d'attente mis à profit pour la discussion. Puis un dîner chaleureux clôt la soirée.
Nous rendons grâce pour ces moments uniques et lumineux, que nous avons eu le privilège de partager.
Anahit
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...